Printemps 2026
 Dreams  
 

Film de Michel Franco - U.S.A., Mexique - 1h 38 - avec Jessica Chastain, Isaac Hernández, Rupert Friend 
Fernando, un jeune danseur de ballet originaire du Mexique, rêve de reconnaissance internationale et d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Jennifer, une Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il quitte clandestinement son pays, échappant de justesse à la mort. Cependant, son arrivée vient bouleverser le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu'elle s'est construite. 
La mise en scène, extrêmement soignée, souligne l'opulence et le confort de l'univers dans lequel évolue Jennifer. Des mouvements de caméra fluides, et lents, des décors feutrés, des dialogues édifiants, disent un luxe extrême, mais discret, qui n'a pas besoin de démonstration, mais aussi le cynisme, et la violence que cette position dominante sous-tend. (FranceInfo Culture) 
Une des réussites du film tient à sa manière de ne jamais réduire cette situation toxique et métaphorique à un simple prêt-à-penser univoque. Filmant ses personnages à distance, pris dans un environnement plus large, Michel Franco leur préserve une part d’opacité (Le Monde) 
Les Voyages de Tereza  
 
 

Film de Gabriel Mascaro – Brésil - 1h 26 - avec Denise Weinberg, Rodrigo Santoro, Miriam Socarrás 
Tereza a vécu toute sa vie dans une petite ville industrielle d’Amazonie. Le jour venu, elle reçoit l'ordre officiel du gouvernement de s’installer dans une colonie isolée pour personnes âgées, où elles sont amenées à « profiter » de leurs dernières années. Tereza refuse ce destin imposé et décide de partir seule à l'aventure, découvrir son pays et accomplir son rêve secret… 
Teinté de fantastique, le film prend des chemins de traverses sinueux, comme cette rivière bleue sur l’affiche française, comme les tracés de cet escargot à la bave bleue aux pouvoirs hallucinogènes, ou comme les chemins que peut finalement prendre une vie en pleine liberté. ( Abus de ciné) 
Drôle, mélancolique, gentiment absurde, les "Voyages de Tereza" évoque au long de sa formidable balade plusieurs sujets d’envergure – l’âgisme, la gentrification, les déplacements de population – mais doit sa réussite au fait qu’il ne s’éloigne jamais de son sujet profond : la liberté, partout, par tous les moyens et au présent. (Libération) 

L e Mystérieux regard du flamant rose 
 
 
Film de Diego Cespedes - France, Chili, Allemagne, Espagne, Belgique - 1h 48 - avec Tamara Cortes, Matías Catalán, Paula Dinamarca 
Début des années 1980, dans le désert chilien. Lidia, 11 ans, grandit au sein d’une famille flamboyante qui a trouvé refuge dans un cabaret, aux abords d’une ville minière. Quand une mystérieuse maladie mortelle commence à se propager, une rumeur affirme qu’elle se transmettrait par un simple regard. La communauté devient rapidement la cible des peurs et fantasmes collectifs. Dans ce western moderne, Lidia défend les siens. 
Comme un croisement bouleversant entre Priscilla, folle du désert, la série It’s a sin et un western fordien, Le mystérieux regard du flamant rose prend aux tripes et au coeur. Sublimé par les grands espaces désertiques et un réalisme magique enveloppant, le film nous entraîne dans un conte, aussi cruel que merveilleux (comme tout bon conte), sur l’ostracisation et la violence de l’ignorance, s’inspirant des rumeurs sur les malades du Sida à l’arrivée de la maladie. Cependant, à la dureté, il préfère la tendresse. (troiscouleurs.fr) 
Parabole irrésistible, western queer baroque et enchanteur, d’une beauté et d’une générosité folles, le film renoue avec grâce avec le « réalisme magique » de la littérature latino-américaine. Dans un paysage intemporel de ville fantôme et de montagnes arides, le conte marie habilement la tragédie et l’humour, la rugosité sociale et la poésie, la langueur mélodramatique et le rythme virevoltant de l’aventure, pour nous inviter à partager l’intimité de la plus improbable et la plus enviable des familles : celle qu’ensemble tous ces réprouvés, ces dissidents de la société se sont choisie. (La Gazette d'Utopia) 
Quelque chose de vieux, quelque chose de neuf, quelque chose d'emprunté 
 
 

Film de Hernán Rosselli - Argentine, Portugal, Espagne - 1h 40 - avec Maribel Felpeto, Alejandra Cánepa, Hugo Felpeto 
Dans une banlieue populaire de Buenos Aires, les Felpeto ont leur business de paris sportifs clandestins bien rôdé. À la mort du père, la mère et la fille reprennent en main les affaires. Mais on parle de purges dans la police, d'importantes sommes d'argent déplacées, de perquisitions dans le quartier… La famille se prépare au pire alors qu’un lourd secret menace d’être dévoilé. 
Dans les interstices de ces home movies, Hernan Rosselli a imaginé une fiction criminelle, interprétée devant la caméra, non par des comédiens, mais par la famille Felpeto elle-même. Et voilà comment le faux et le vrai, ou plutôt le document et sa part fantasmatique, créent un pacte de fabulation au cœur de l’image. (Le Monde) 
Variation expérimentale autour du found footage, faite de fragments épars, cet objet très singulier conceptualise une forme manipulation du réel pour le mener dans l'imaginaire, comme une fabrique du mensonge. Et consacre avant tout le cinéma comme un art du montage. (Culturopoing)  

Samedi 14 mars : L'entre deux films

Intervention autour du Cinéma d'Amérique Latine par Florence Coronel - enseignante en Espagnol et en Audiovisuel
 
 
Repas (15 €),
Chili con carne
Cheesecake au citron
Inscription et paiement préalables avant le 13 mars minuit