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Semaine du 18 février Hamnet Film de Chloé Zhao - Grande-Bretagne, U.S.A. - 2h 05 - avec Paul Mescal, Jessie Buckley, Emily Watson Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel. Chloé Zhao : aussi à l’aise dans le drame intimiste amérindien (son premier film : Les Chansons que mes frères m’ont apprises) ou la chronique désenchantée de l’Amérique profonde post-western (The Rider), la réalisatrice nous avait enthousiasmés – et durablement tourneboulés – avec Nomadland, merveille de film sur l’errance, le déclassement et la solidarité, transcendée par une photographie sublime, des paysages à couper le souffle et la présence lumineuse de Frances McDormand… (La Gazette d'Utopia) Chloe Zhao offre de véritables trésors de pureté lyrique via sa mise en scène aérienne ! (linfotoutcourt.com) |
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Semaine du 18 février Palestine 36 Film d’Annemarie Jacir - France, Qatar, Palestine, Arabie Saoudite, Grande-Bretagne, Jordanie - 1h 59 - avec Jeremy Irons, Hiam Abbass, Kamel El Basha Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique. À travers ce film historique remarquablement construit et filmé (on y retrouve Hiam Abbas, le formidable Saleh Bakri, mais aussi le toujours impeccable Jeremy Irons), Annemarie Jacir pose avec précision tous les ingrédients – duplicité des autorités britanniques, qui sera aussi celle des institutions internationales, violence des milices de colons… – qui contribueront à la création de l’État d’Israël et à la Nakba, la « catastrophe » en arabe : 17 000 km2 de terres palestiniennes confisquées, 500 villes et villages rasés, 700 000 à 800 000 Palestiniens déportés, plusieurs dizaines de massacres commis par les forces sionistes… (La Gazette d'Utopia) Si le film a des atours de drame épique classique, il impressionne par son écriture précise et politique. (troiscouleurs.fr) |
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Semaine du 25 février La reconquista Film de Jonás Trueba – Espagne - 1h 58 - avec Itsaso Arana, Francesco Carril, Aura Garrido Madrid. Manuela et Olmo se retrouvent autour d’un verre, après des années. Elle lui tend une lettre qu’il lui a écrite quinze ans auparavant, lorsqu’ils étaient adolescents et vivaient ensemble leur premier amour. Le temps d’une folle nuit, Manuela et Olmo se retrouvent dans un avenir qu’ils s’étaient promis. La Reconquista éblouit et parvient, à partir d’un canevas simple, à décomposer le mouvement amoureux dans toute sa complexité. (Les Fiches du cinéma) On connaît ces violons, dira qui lit ces lignes, merci bien. Oui. Mais non. Parce que tout tient ici à l’écriture du récit, à l’orfèvrerie délicate, inventive, gracieuse, de sa mise en scène. Tant pour ce qui regarde la structure générale du film que pour ce qui transfigure les scènes de l’intérieur. En prophète contrarié, Jonas Trueba organise, comme de juste, sa passion en une longue marche de Noël scandée par les stations. (Le Monde) |
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Semaine du 25 février La Lumière ne meurt jamais Film de Lauri-Matti Parppei - Finlande, Norvège - 1h 48 - avec Samuel Kujala, Anna Rosaliina Kauno, Camille Auer Pauli, célèbre flûtiste classique, retourne dans sa petite ville natale pour se remettre d’une dépression. Il renoue avec une ancienne camarade de classe, qui lui propose de rejoindre un groupe de musique joyeusement anticonformiste. Comment Pauli, de nature plutôt perfectionniste, va-t-il se laisser embarquer dans cette aventure musicale aussi inattendue qu’expérimentale ? Des personnages hypersensibles pour ce film finlandais qui parle avec justesse d’une jeunesse qui se cherche. (Télérama) Cette odyssée fascinante à travers la psyché contrariée d’un flutiste de génie et la musique expérimentale est une véritable réussite tant cinématographique que musicale. (aVoir-aLire.com) |
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Semaine du 4 mars Les Échos du passé Film de Mascha Schilinski - Allemagne - 2h 35 - avec Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l’Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre. Avec Les Échos du passé, Mascha Schilinski réalise un tour de magie doublé d’un tour de force : révéler, comme on le fait en chimie et en photographie, et mettre en lumière le mystère des fils invisibles qui relient les êtres à travers le temps. Un geste littéralement prodigieux. (Bande à part) Il serait dommage de ne s’arrêter qu’à sa première couche – une dureté protestante, plus bergmanienne qu’hanekienne – sans se laisser porter par la vertigineuse exploration sensorielle des méandres d’une mémoire collective à laquelle invite ce film très singulier. (Les Cahiers du cinéma) |
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Semaine du 4 mars La Vie après Sihan Film de Namir Abdel Messeeh - France, Egypte - 1h 16 - avec Siham Abdel Messeeh, Namir Abdel Messeeh, Waguih Abdel Messeeh Namir et sa mère s’étaient jurés de refaire un film ensemble, mais la mort de Siham vient briser cette promesse. Pour tenir parole, Namir plonge dans l’histoire romanesque de sa famille. Cette enquête faite de souvenirs intimes et de grands films égyptiens se transforme en un récit de transmission joyeux et lumineux, prouvant que l’amour ne meurt jamais. Un témoignage drôle, original, tendre et très cinématographique sur la mémoire et l’amour. ( Les Fiches du cinéma) Fruit d’un travail d’investigation conduit sur près de dix ans, (…) La Vie après Siham procède à la fois du genre littéraire du tombeau, de l’enquête généalogique et de l’introspection. Comme nombre d’autobiographies, le film est aimanté par l’impérieux déchiffrement des non-dits, ce silence des anciens qui leur importe tant mais pèse lourd sur les descendants. Car le temps presse ; ceux-ci sont à leur tour parents, dépositaires d’une histoire aux nombreux accrocs, que ravaude avec grâce le fil du documentaire. (Positif) |
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Vendredi 6 mars Forêt rouge Film de Laurie Lassalle – France - 1h 44 - Au fil des bouleversements que la Z.A.D. de Notre Dame des Landes traverse depuis l’abandon du projet d’aéroport, la forêt se transforme en territoire de lutte. La Z.A.D. devient une terre de métamorphoses où les idéaux des habitant.e.s se confrontent à la répression de l’État. Les séquences montrant la lutte ou évoquant la défaite sont précieuses, mais celles qui présentent les ateliers et les travaux des zadistes ou leurs célébrations en musique le sont tout autant. Car Forêt Rouge rend hommage à leur combat, mais surtout à leur espoir. (So Film) La cinéaste Laurie Lassalle déploie un souffle épique rare dans le cinéma documentaire contemporain, une ampleur presque chevaleresque qui fait de la lutte écologique un récit de bravoure collective. (Les Inrockuptibles) Cin'Eco suivi d'un débat |
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Semaine du 18 mars Sainte-Marie-aux-Mines Film de Claude Schmitz - Belgique, France avec Rodolphe Burger, Francis Soetens, Anne Suarez Mutés à titre disciplinaire à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, les inspecteurs Crab et Conrad se voient confier une enquête apparemment sans difficulté : la disparition d’une bague. Mais ce qui devait être une simple formalité se transforme rapidement en affaire complexe, bouleversant la tranquille routine de ce duo de célibataires endurcis. Les inspecteurs Crab et Conrand enquête sur une gemme disparue. C’est un policier, une quasi-romance entre un duo de flics, une balade en Alsace… C’est beaucoup de choses et c’est surtout royalement cocasse. (Télérama) Le charme de « Sainte-Marie-aux-Mines » repose autant sur un comique d’atmosphère subrepticement cartoonesque (festival de trognes, sociologies cambroussardes) que sur un sens aigu du romanesque qui évite à l’ensemble de s’enkyster dans la parodie. (L'Obs) |
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Semaine du 18 mars Urchin Film de Harris Dickinson - Grande-Bretagne - 1h 39 - avec Frank Dillane, Megan Northam, Karyna Khymchuk À Londres, Mike vit dans la rue, il va de petits boulots en larcins, jusqu'au jour où il se fait incarcérer. À sa sortie de prison, aidé par les services sociaux, il tente de reprendre sa vie en main en combattant ses vieux démons. Un premier long-métrage franchement maîtrisé, qui a la maturité de trouver une distance idéale avec son sujet et ses personnages, évitant tour à tour de tomber dans le mélo misérabiliste ou dans une trop grande froideur. (Ecran Large) |
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Vendredi 20 mars A bout de course Film de Sidney Lumet - USA - 1h 55 - avec Steven Hill, Lynne Thigpen, Martha Plimpton Danny, jeune homme de 17 ans, est le fils d'anciens militants contre la guerre du Vietnam. Ses parents Annie et Arthur Pope organisèrent un attentat à la bombe contre une fabrique de napalm. Un gardien meurt lors de l'explosion. Depuis, les Pope sont en fuite. Danny vit assez mal cette situation de mensonge et de dissimulation. Mais tout va basculer lors de sa rencontre avec Lorne Philips, la fille de son professeur de musique. A bout de course, un des films les plus émouvants de Lumet, vous donne les mêmes sensations que la chanson Fire and Rain de James Taylor quia ccompagne le film: de l'émotion, un soupçon de tristesse, de la mélancolie et finalement un tout diablement stimulant. (Brazil) Sydney Lumet filme son automne, puis son inévitable éclatement. Une merveille. (Charlie Hebdo) |
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Semaine du 17 décembre Un poète Film de Simón Mesa Soto - Colombie, Allemagne, Suède - 2h 00 - avec Ubeimar Rios, Rebeca Andrade, Guillermo Cardona Óscar Restrepo, poète en manque de reconnaissance, mène une existence solitaire marquée par les désillusions. Sa rencontre avec Yurlady, une adolescente d’un milieu populaire possédant un véritable talent d’écriture, va bouleverser le cours de sa vie. Il l’exhorte à se présenter à un concours national de poésie. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… Avec une science électrique des personnages, le réalisateur colombien signe un film formidable, qui narre la rencontre entre un prof dépressif et une ado douée en poésie. (Libération) Vous n’oublierez pas de sitôt Oscar Restrepo (Ubeimar Rios, instit à la ville), sa tête de manga, son corps de guingois et sa démarche fourbue de même que ce film libre, tourné en 16 mm, prix du jury à Cannes dans la catégorie Un certain regard. (L'Obs) |
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Semaine du 17 décembre Duel à Monte-Carlo del Norte Film de Bill Plympton - U.S.A., France - 1h 20 - avec Daniel Kaufman, Jim Lujan, Tom Racine Slide, un cowboy solitaire armé de sa seule guitare, arrive dans la ville forestière de Sourdough Creek, gangrénée par la corruption. Le maire et son frère jumeau y sèment la terreur et se préparent à raser un petit village de pêcheurs pour ériger Monte-Carlo del Norte, un lotissement de luxe qui servira aux besoins du tournage d’un film hollywoodien. Prêts à tout pour s’enrichir, ils n’auront aucun scrupule à mettre en danger l’équilibre de la communauté et de l’environnement et à tuer quiconque s’opposera à leur projet. Adepte de la fluidité des métamorphoses, Plympton mène le western sur le terrain inattendu du film psychédélique dans ses interludes chantés aux couleurs chamarrées, déjouant au passage le risque d’une trajectoire narrative trop sagement linéaire. (Cahiers du Cinéma) Décollant du réel, le film regorge d’idées fantasques, jouant avec l’espace (intérieur, extérieur) ainsi qu’avec les codes du Far West. (Le Monde) |
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Semaine du 22 octobre Panopticon Film de George Sikharulidze - Géorgie, France, Italie, Roumanie - 1h 35 - avec Malkhaz Abuladze, Data Chachua, Salome Gelenidze Lorsque le père de Sandro décide de devenir moine orthodoxe, l'adolescent introverti se retrouve livré à lui-même. Il se débat au quotidien pour faire coexister son devoir envers Dieu, son besoin d'amour et son idée de la virilité... Mais comment trouver sa place quand on est sans repère dans une Georgie post-soviétique à la fois si turbulente et si pieuse ? Panopticon est ainsi une réflexion universelle sur la façon dont le pouvoir mental façonne les corps et les désirs. Il l’est tout autant sur la nécessité vitale de s’en affranchir pour devenir visible à ses propres yeux et à ceux des autres. (Bande à part) Le titre du film, Panopticon, emprunté au concept foucaldien du panoptique, symbolise la surveillance. C’est celle de Dieu, de la société, mais aussi du regard que Sandro porte sur lui-même. L’œuvre pose une question brûlante : comment, confronté à la rupture des repères, garder un regard d’espérance sur les vies brisées ? Entre contrainte morale et quête de soi, il nous rappelle que l’éthique commence dans la lucidité du regard sur soi, et sur ceux que la société marginalise. (reforme.net) |
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Semaine du 30 juillet Au rythme de Vera Frilm d’Ido Fluk - Allemagne, Pologne, Belgique - 1h 56 - avec Mala Emde, John Magaro, Michael Chernus En 1975, Vera Brandes, une jeune femme ambitieuse de 18 ans, va défier les conventions, s’opposer à ses parents et prendre tous les risques pour réaliser son rêve : organiser un concert de Keith Jarrett à l’Opéra de Cologne. Son audace et sa détermination vont donner naissance à un des enregistrements mythiques du XXe siècle : The Köln Concert. C’est un biopic enlevé, mais de quelqu’un qui n’est pas célèbre ! C’est un thriller prenant même si on connait la fin. C’est un grand film sur le jazz, ses austères coulisses, son petit monde et ses enjeux profonds. Fascinée par les concerts de Jazz, la fougueuse Vera Brandes vit un véritable choc en découvrant une prestation du pianiste noir américain Keith Jarret. Avec une actrice épatante, une histoire incroyable et une légende américaine, Au rythme de de Vera emporte le morceau, c’est le cas de le dire ! (William Benedetto - Cinéma l’Alhambra, Marseille) Le scénario de Fluk est double par sa structure, mais aussi sa qualité : intéressant et effervescent quand il détaille la contribution décisive de Brandes à la légende de Jarrett et au jazz européen dans son ensemble, il devient ampoulé quand on observe les circonstances difficiles de la représentation du pianiste américain (incarné par un John Magaro qui ne manque pas d'avoir de grosses poches sous les yeux). (Cineuropa.org) |
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Semaine du 6 aout La Trilogie d’Oslo – Rêves Film de Dag Johan Haugerud - Norvège - 1h 50 - avec Ella Øverbye, Ane Dahl Torp, Selome Emnetu Johanne tombe amoureuse pour la première fois de sa vie, de sa professeure. Elle relate ses émotions dans un carnet. Quand sa mère et sa grand-mère lisent ses mots, elles sont d’abord choquées par leur contenu intime mais voient vite le potentiel littéraire. Tandis qu’elles s’interrogent, entre fierté et jalousie, sur l’opportunité de publier le texte, Johanne se démène entre la réalité et le romanesque de son histoire... Voici une admirable trilogie qui ne prend pas la forme d’une suite et ne mise sur aucun effet d’entrelacement, mais dont le fil rouge serait plutôt à trouver dans les échos du sentiment amoureux que se renvoie chaque fragment. L’unité manifeste de l’ensemble, c’est le portrait libre et moderne que forment ces trois films de la ville d’Oslo et de ses habitants, le temps d’un été aux journées clémentes et à la luminosité sans fin. Chaque volet décline différentes visions de l’amour, à des âges et dans des contextes distincts. La mise en scène, discrète mais inventive, échafaude des passerelles entre les situations pour composer un véritable panorama des relations à l’ère contemporaine, où la liberté de chacun déjoue avec malice les différentes facettes de la normativité. Une méditation introspective et réjouissante sur l’amour, de ses premiers frémissements à ses différentes trajectoires. (La Gazette d'Utopia) |
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Semaine du 6 aout Des feux dans la plaine Film de Ji Zhang – Chine - 1h 41 - avec Zhou Dongyu, Liu Haoran, Yuan Hong Chine, 1997. Une série de meurtres endeuille la ville de Fentun. Les crimes s’arrêtent mystérieusement sans que les autorités aient pu élucider l’affaire. Huit ans plus tard, un jeune policier, proche d’une des victimes, décide de rouvrir l’enquête. Zhang Ji s’intéresse plus à la société chinoise et à son évolution plutôt qu’à son intrigue un peu nébuleuse par moments… Chef opérateur de renom (les images du film sont splendides), il marche sur les pas de Diao Yinan, instigateur en 2014 d’un renouveau du film noir chinois avec son Black coal, qui lui-même n’était pas sans parenté avec A touch of sin de Jia Zhang-Ke. Tendu, sec, bouleversant, Des feux dans la plaine soutient vaillamment la comparaison avec ses glorieux aînés. (La Gazette d'Utopia) |
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Semaine du 13 aout La Trilogie d’Oslo – Amour Film de Dag Johan Haugerud – Norvège - 1h 59 - avec Andrea Bræin Hovig, Tayo Cittadella Jacobsen, Marte Engebrigtsen Sur un ferry qui les ramène à Oslo, Marianne, médecin, retrouve Tor, infirmier dans l’hôpital où elle exerce. Il lui raconte qu’il passe souvent ses nuits à bord, à la recherche d’aventures sans lendemain avec des hommes croisés sur des sites de rencontre. Ces propos résonnent en Marianne, qui revient d’un blind date organisé par sa meilleure amie et s’interroge sur le sens d’une vie amoureuse sans engagement. Mais ce soir-là, Tor succombe au charme de Bjorn, qui lui résiste et lui échappe... |
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Semaine du 13 aout Eddington Film d’Ari Aster – USA - 2h 25 - avec Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone Mai 2020 à Eddington, petite ville du Nouveau Mexique, la confrontation entre le shérif et le maire met le feu aux poudres en montant les habitants les uns contre les autres. La chronique satirique d’Eddington tape aussi bien sur le petit peuple frustré et bas du front que sur l’opposition démocrate arrogante, les manifestants anti-racistes petits-bourgeois gentiment demeurés, les industriels sans scrupules et les écolos idéalistes. Le réalisateur décrit parfaitement l’impasse de sa société qui, à force de faire monter la pression, aboutit au cataclysme sidérant et jubilatoire de la seconde partie du film, où l’expression « jeu de massacre » prend tout son sens. Eddington est servi par des prouesses de mise en scène, un humour corrosif et un casting exceptionnel – notamment Joaquin Phoenix, (comme toujours) génialement méconnaissable. (La Gazette d'Utopia) |
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Semaine du 20 aout La Trilogie d’Oslo – Désir Film de Dag Johan Haugerud - Norvège - 1h 58 avec Jan Gunnar Røise, Thorbjørn Harr, Siri Forberg Un ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client ... Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme, objet du désir de David Bowie... |
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Semaine du 20 aout Super Happy forever Film de Kohei Igarashi - Japon, France - 1h 34 - avec Hiroki Sano, Yoshinori Miyata, Nairu Yamamoto Sano est de retour à Izu, au bord de la mer. Il semble absent à lui-même et à ce qui l’entoure, sauf à cette casquette rouge qu’il cherche obstinément. Il est en quête d’un signe, d’une trace, de quelque chose qui pourrait attester d’un événement survenu ici, en réincarner le souvenir. Parcouru d’une ambiance fantomatique, avec ses paysages de bord de mer mélancoliques, Super Happy Forever se démarque par son sens jouissif de de la dérision, du décalage, tout en faisant le portrait de masculinités encore rares au cinéma, tout autant que d’une amitié déconstruite. (Lux Film Festival) |
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Semaine du 27 aout Frantz Fanon Film d’ Abdenour Zahzah - Algérie, France - 1h 31 avec Alexandre Desane, Gérard Dubouche, Nicolas Dromard Chroniques fidèles survenues au siècle dernier à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, au temps où le Docteur Frantz Fanon était Chef de la cinquième division entre l’an 1953 et 1956. Algérie française, 1953. À l’hôpital de Blida-Joinville, Frantz Fanon, jeune psychiatre noir, tente de soigner les Algériens de leurs aliénations lorsque la guerre surgit à l’intérieur même de ses services. En se replongeant dans les années que Frantz Fanon a passées à l’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville, le film d’Abdenour Zahzah met en lumière la genèse de l’engagement anti-colonial de l’auteur de Peaux noires, masques blancs. (Festival du réel) |
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Semaine du 27 aout Pooja, Sir Film de Deepak Rauniyar - Népal, France - 1h 49 - avec Asha Maya Magrati, Nikita Chandak, Dayahang Rai Quand deux garçons sont enlevés dans une ville frontalière du Népal, l’inspectrice Pooja est envoyée de Katmandou pour résoudre l’affaire. A son arrivée, les troubles politiques et les manifestations raciales la forcent à demander de l’aide à Mamata, une policière locale. En affrontant la discrimination et le sexisme, les deux femmes tenteront de résoudre l’affaire, mais à quel prix pour chacune d’elles ? Avec une mise en scène stylisée, le cinéaste Deepak Rauniyar vise le réalisme dans "Pooja, Sir". Polar, féminisme et discrimination cohabitent, tout comme l'aspect social et politique, grâce au personnage de Pooja, incarné par l'actrice Asha Magrati, également co-scénariste du film. Figure de proue du cinéma népalais, Deepak Rauniyar est le réalisateur de "White Sun" (2016), sur la guerre civile qui a déchiré son pays, et "Highway" (2012), sur les tabous de la société népalaise. Avec "Pooja, Sir", le cinéaste signe un thriller où chaque rebondissement éclaire une facette de l'injustice et pose un regard sur les tensions interethniques et l'oppression des femmes. (rts.ch) |
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Semaine du 31 aout Baby Sitter Film canadien, français de Monia Chokri - 1h 27 - avec Patrick Hivon, Monia Chokri, Nadia Tereszkiewicz Suite à une blague sexiste devenue virale, Cédric, jeune papa, est suspendu par son employeur. Pour se racheter, il va avec l'aide de son frère Jean-Michel, s'interroger sur les fondements de sa misogynie à travers l’écriture d’un livre. De son côté, sa femme Nadine en proie à une dépression décide d'écourter son congé maternité. L’arrivée dans leur vie d’une baby-sitter au charme espiègle et envouteur, va chambouler leur existence. Cette comédie 100% québécoise interroge les rapports hommes-femmes avec une liberté de ton réjouissante et une esthétique joyeusement décalée qui joue avec les codes de la série B. (Le JDD) Une réjouissante exploration de la loi du désir qui appuie les stéréotypes pour mieux leur faire la peau. (L'Humanité) |